Qui était Dietrich Bonhoeffer ?

Qui était Dietrich Bonhoeffer ?

Présentation par le Pasteur Yves Noyer, à l’occasion de la soutenance de son mémoire de Master de théologie à l’Institut Protestant de Théologie de Paris le 9 décembre 2016

 

 
Allemand et protestant, né le 4 février 1906 à Wroclaw (Poméranie orientale, dans l’actuelle Pologne), dans une famille nombreuse (8 enfants).
Son père est un psychiatre renommé. Sa mère est issue de la noblesse allemande.
Après de brillantes études secondaires il obtient le baccalauréat à 17 ans.
Il entreprend des études de théologie sanctionnées par une thèse de doctorat à 21 ans puis par une thèse d’habilitation à 24 ans.

 

Envoyé, en 1928, à Barcelone, comme vicaire de la paroisse protestante allemande, il passe ensuite une année à l’Union théological Seminary de New York.
Après ce séjour, il donne des enseignements dans la Faculté de théologie de Berlin, tout en étant pasteur d’une Église implantée dans un quartier populaire de Berlin. Il s’engage dans un des mouvements œcuméniques internationaux, « l’Alliance universelle pour l’amitié par les Églises », de 1931 à 1937.
En parallèle, dès 1933, il prend fait et cause pour cette fraction de l’Église protestante  d’Allemagne  qui  restera dans l’histoire sous le nom de l’« Église confessante » (Bekennende Kirche): en février 1933, lors d’une conférence sur le « Führer Prinzip » il montre le danger d’un glissement du rôle de conducteur (Führer) à celui de séducteur (Verführer). En avril, à la suite des premières lois contre les Juifs, il réagit par une étude sur leur place dans l’Église ; à nouveau en septembre de la même année lors d’un colloque œcuménique, il obtient le vote d’une résolution sur la question juive. Puis il participe à la rédaction, avec le pasteur Martin Niemoller, d’un texte à l’origine de la création de la «Ligue de détresse des pasteurs » (Pfarremotbund) qui accorda des subsides à tous les pasteurs protestants qui avaient dû quitter leur ministère en raison de leurs origines juives.
D’octobre 1933 à avril 1935, il est à Londres comme pasteur d’une des paroisses protestantes de langue allemande ; il y crée un mouvement de soutien en faveur de l’Église confessante et fait connaître la Déclaration théologique de Barmen, votée le 31 mai 1934 lors d’un Synode confessant réunissant des délégués des trois Églises luthérienne, réformée et unie d’Allemagne.
Il est appelé par la Direction provisoire de l’Église confessante pour diriger un séminaire clandestin, où il vécut une intense activité idéologique. Son activité d’enseignant se double de l’animation d’une vie communautaire dans une Fraternité. Ce séminaire est fermé par la Geheime Staats Polizei (connue sous le nom de Gestapo) en septembre 1937.

C’est de cette période que sont nés les trois ouvrages théologiques que [le pasteur Y.Noyer] présente dans [son]  mémoire : Vivre en disciple (1937), Tentation (1938) et De la vie communautaire (1938).

À la suite de cette fermeture, l’expérience est prolongée sous la forme plus discrète  de vicariats  collectifs -dans deux villages de Poméranie orientale- vécus en relation avec des pasteurs en poste, eux-mêmes aidés par des vicaires-étudiants. Ceci dura jusqu’en 1940, où à nouveau la Gestapo ferma ces deux vicariats collectifs.

Sollicité par son beau-frère, Hans Dohnányi un des responsables des Services secrets de l’Armée et sous ce couvert un des membres importants de la conjuration contre Hitler, qui fonctionna de 1938 à 1944, Bonhoeffer entra lui-même dans ces Services secrets et fut chargé d’une mission consistant à informer les Alliés par le biais des responsables œcuméniques, en particulier l’évêque anglican de Chichester, George Bell et le pasteur néerlandais  A. Visser’t Hooft, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises en formation (de 1938 à  1948).

C’est en raison de documents pourtant cachés dans un lieu isolé, qui présentait les preuves accumulées par Dohnányi mais aussi les noms des principaux responsables de la conjuration, qui furent découverts en 1945 par la Gestapo, que Bonhoeffer -sur les ordres express d’Adolf Hitler- fut pendu dans le camp de concentration de Fossenbürg, le 9 avril 1945, en compagnie de l’amiral Canaris chef de l’abwehr (nom des services secrets), de son adjoint le général Oster et, d’autres membres de la conjuration. Furent aussi exécuté ses beaux-frères: Hans Von Dohnanyi et Rüdiger Schleicher, ainsi que son frère Klaus Bonhoeffer.

Que faut-il mettre  en valeur ?

 La pensée  théologique  de Bonhoeffer est cohérente, centrée  sur  le  Christ et « le Christ existant en tant que  communauté»: l’Église doit occuper un espace dans le monde pour pouvoir attester de la vérité de l’Evangile. Elle doit prendre en considération toute la réalité humaine, y compris en repérant que le Christ est « au milieu » du monde.
Une question toujours ouverte: « Dans un monde devenu majeur », comment  dire  Dieu  dans un monde sans dieu ? »
Sa pensée  est centrée sur  l’incarnation  de la Parole  de Dieu  en  jésus  de  Nazareth  qui nous  fait connaître qui es l’homme véritable.
Une cohérence humaine : ce que Bonhoeffer proclame dans la réflexion théologique est toujours en lien avec la vie qu’il mène. Sa conversion est clairement l’occasion pour lui de franchir une étape qualitative vers une harmonie encore plus grande: « Je n’étais pas encore devenu chrétien. La Bible m’a libéré de tout cela, en particulier le Sermon sur la montagne.  Depuis  tout a changé… »
Et surtout: «Je crois que je n’ai jamais beaucoup changé, si ce n’est à l’occasion de mes premiers voyages à l’étranger et sous l’influence, éprouvée pour la première fois consciemment, de la personnalité de mon père. J’ai alors renoncé au verbalisme en faveur de la réalité… Nous  n’avons vécu, ni l’un ni l’autre une rupture dans notre vie. Nous avons sans doute rompu consciemment, et de notre propre initiative,  avec beaucoup de choses…  Autrefois, il m’arrivait de languir après une telle rupture ; aujourd’hui, je  pense autrement. » (Lettre à E. Bethge)
Un engagement de toute sa personne après une réflexion et une prière arrivées au stade d’une conviction intime. Une illustration: le processus de réflexion en vue de prendre la décision de rentrer en Allemagne et de quitter le refuge  des  États-Unis, en toute conscience…
En bref, Dietrich Bonhoeffer est un véritable témoin du Christ, prenant pleinement au sérieux la réalité de notre époque mais comme habitée mystérieusement par le Christ. C’est à l’Église d’en faire découvrir la présence, par la mise en valeur des «dons de la grâce »( 1Co 12 ).

 

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Consécration de la cathédrale orthodoxe russe de Paris

Dimanche 4 décembre 2016

Sa Sainteté Cyrille, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, a effectué les rites de sanctification et de consécration de la nouvelle cathédrale orthodoxe russe à Paris, la cathédrale Sainte-Trinité.

L Coiffée des cinq bulbes dorés caractéristiques de l’architecture religieuse russe – le plus grand pour le Christ, les quatre autres pour les évangélistes -, cette église Sainte-Trinité fait partie du vaste Centre spirituel et culturel orthodoxe russe.

Signe de l’importance de l’événement dans la communauté orthodoxe, Sa Sainteté Cyrille était entouré pour cette cérémonie de dédicace (consécration) d’une douzaine d’évêques. dont Mgr Jean de Charioupolis, archevêque des Eglises russes du patriarcat de Constantinople en Europe occidentale, basé sur l’autre rive de la Seine. Le pape François,  était représenté par son nonce apostolique en France, Mgr Luigi Ventura.

«Nous avons eu la joie de contempler une image de l’unité orthodoxe», s’est réjoui le patriarche de Moscou dans son adresse à la foule, en fin de célébration, en remerciant la France et Paris d’avoir permis la construction de ce «lieu magnifique».

A la fin de la liturgie, le Patriarche Cyrille, Mgr Nestor Sirotenko, évêque de Chersonèse, en charge des communautés du patriarcat de Moscou de l’Eglise orthodoxe russe en France, Suisse, Espagne et Portugal, et Alexandre Orlov, ambassadeur de la Fédération de Russie à Paris, ont pris la parole.

 

Sources: KTO
               Le parisien.fr

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Retraites Jericho

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Les retraites Jericho à travers le monde:
Allemagne, Brésil, France, Burundi, Côte d’Ivoire, Italie, Lettonie, Liban, Pologne, RDCongo, Angleterre, Tchad, Tchéquie, Slovaquie…
La retraite Jéricho en fin d’année est vraiment « la » semaine de retraite de la Mission Jeunes de la Communauté du Chemin Neuf.
Un grand nombre de jeunes goûtent -parfois pour la première fois- la grâce du silence et de l’amour de Dieu.
Plus de 1000 jeunes vont vivre la semaine cette année dans plus de 15 pays. C’est une grande joie pour nous de pouvoir être au service des jeunes durant ce temps à l’écart qui transforme leur vie.
Jéricho est pour certains le lieu de leur première rencontre avec Jésus vivant, pour d’autres une école de prière ou un lieu de réconciliation, pour d’autres encore un lieu d’appel à suivre le Christ, mais tous goûtent la joie de l’écoute de la Parole de Dieu et apprennent à vivre davantage de l’Esprit Saint.
C’est une session pleine de grâces, et nous vous remercions pour votre prière, afin que ces retraites puissent être, cette année encore, une réelle bénédiction pour chacun où qu’il se trouve.
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Communauté du chemin neuf

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Une nouvelle maison sur l’une des 7 collines de Nazareth

Une nouvelle maison sur l’une des 7 collines de Nazareth a été confiée à la Communauté

Elle et est prête à accueillir les pélerins en complément au Centre d’Evangélisation Marie de Nazareth.

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Chers amis,

 Nous sommes heureux de vous annoncer que l’Archeparchie d’Acre et Galilée de l’Eglise Grecque Catholique (Melkite) a confié à la Communauté du Chemin Neuf la mission de poursuivre le service de Sœur Martha à la Maison du Pèlerin Abuna Faraj.

 Sœur Martha va quitter la Terre Sainte prochainement. Nous la remercions pour le beau travail qu’elle a accompli durant de nombreuses années.

 Nous souhaitons continuer à vous accueillir ainsi que vos groupes dans les mêmes conditions.

 Bien cordialement

 

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 La Communauté du Chemin Neuf

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Des engagements à vie « inter-Afrique »

https://youtu.be/kYWv4faveA8

5 NOVEMBRE 2016

A Abidjan, le 5 novembre dernier, l’ambiance était à la fête.

Sept soeurs et un frère se sont engagés à vie pour le Royaume et dans la Communauté à la paroisse Saint Jean de Cocody. Ce n’est pas rien pour la Côte d’Ivoire, c’est la première fois qu’autant de frères et soeurs s’engagent à vie dans ce pays.

Il y a du monde dans l’église de la paroisse confiée à la Communauté il y a 26 ans. Les familles se pressent, toutes habillées de couleurs. Un moment chargé d’émotions. D’autant que ces engagements ont succédé au décès de la maman de deux de nos soeurs, Dorothée et Yolande. A la fin de la messe, la prise de parole du Cardinal Kutwa, Archevêque d’Abidjan embrase chacun par son dynamisme et tous chantent à haute voix: « Dieu nous aime, son amour n’aura pas de fin »’

La représentation internationale est forte puisque, parmi les engagés, Isaïe est actuellement au Tchad ainsi que Félicité et Rébecca, Dorothée à Madagascar, Rose et Adrienne en France, Delphine à Kinshasa… Des frères et soeurs communautaires de ces pays sont d’ailleurs venus pour l’occasion : Père Henri Rakotoarisoa, Muriel d’Hoffschmitt, Marie-Noëlle Marguerite, Catherine Bernit… une sorte de mobilisation inter-Afrique !

 

Quelques jours auparavant, les 7 futurs engagés sont allés à Tibériade pour une retraite : un temps de silence, de repos et de prière, pour permettre à chacun de se préparer intérieurement à un tel « passage ». Un temps fraternel aussi. François Michon, le nouveau berger et Dagmara Klosse, nouvelle responsable des célibataires consacrés les accompagnaient.

Le lendemain des engagements à vie, un temps communautaire a été animé par l’équipe nationale du pays. François a pu parler longuement à la communauté de Côte d’Ivoire, aujourd’hui le deuxième pays après la France en nombre de membres engagés dans la Communauté.

 

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Liban: Engagements à vie dans la Communauté

Ils se sont engagés!

En réponse à l’appel du Seigneur, six de nos frères et soeurs ont osé dire « Me voici » pour un engagement à vie, à cause du Christ et de l’Évangile.

Six petites graines ont été plantées comme une espérance nouvelle pour le Liban, pour la région et pour le monde : Dany et Céline Antonios, Christina Tabet, Hyam Radieldine, Joe Naïm, Guillaume Viennot. Deux soeurs consacrées, deux frères consacrés et un couple, quatre Libanais et deux Français.

En arabe, outre le singulier et le pluriel, on utilise la forme duelle, qui se retrouve bien ici. Cette forme duelle nous parle aussi du contraste étonnant du Liban, où la mer et la montagne se retrouvent, où le ciel touche la terre. Aussi, la sobriété de la liturgie latine a rejoint le foisonnement de la liturgie maronite. Le pont entre les deux, qui a touché beaucoup de cœurs, fut la litanie des saints (à la mode Chemin Neuf), chantée pendant que nos frères se prosternaient face contre terre, afin que beaucoup d’autres puissent se relever et contempler la face du Seigneur.

 

 

La communauté au Liban apprend petit à petit la simplicité franciscaine des sœurs de Notre Dame de la Route, le couvent qui nous a été confié il y a deux ans. Cette démarche s’allie finalement bien à l’hospitalité et la générosité surabondante de l’Orient que nos frères français, brésilien, hongrois, congolais ont pu découvrir à l’occasion de ces engagements : accueil, différents plats et goûts, visites de la vallée sainte et du sud, rencontres inattendues avec un ermite maronite et un prêtre orthodoxe…

 

Ce premier engagement à vie au Liban a été préparé sur place dans une joie et un enthousiasme « sans fatigue », et on a pu sentir la main de Dieu s’occuper des moindres petits détails. Par exemple, le décalage de l’horaire de la messe a permis au Père Laurent Fabre de présenter la communauté, à Céline (en un très bon arabe !) et Dany de raconter leur chemin de vie, à Guillaume d’expliquer sa démarche de s’engager au Liban pour la paix. Christina a pu voir un message enregistré de son père, mort quelques jours plus tôt. Mystère du don et de la mort…

La joie des célébrations et rencontres a continué le lendemain dans une journée communautaire et l’ordination diaconale de Saba Al Andary, marié et père de 4 enfants, en vue de la prêtrise dans l’Eglise maronite (catholique).

Et l’on peut se demander si l’élection présidentielle qui a suivi ces deux journées et était attendue depuis plus de deux ans n’est pas déjà un signe d’espérance que tout est possible pour Dieu, même en cet Orient complexe qu’il a choisi comme lieu d’incarnation ?

Thomas Gèze – ccn

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Noviciat international de la Communauté.

L’Abbaye de Melleray (Loire-Atlantique) accueille pour la deuxième année le noviciat international de la Communauté.

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Novembre 2016

Ce temps de formation d’une année rassemble des jeunes dont la plupart viennent de s’engager pour la première fois (et pour 3 ans) au célibat et des couples désireux de poursuivre leur formation spirituelle et communautaire. L’année est rythmée, entre autre, par trois semaines consacrées plus spécifiquement aux trois voeux, et enfin et une semaine de retraite d’Exercices spirituels.

 

Début novembre s’est déroulé à l’Abbaye le premier temps fort de la formation des novices, qui concerne cette année 20 frères et sœurs, dont un couple et un prêtre, issus de 8 pays différents. Ils ont reçu des enseignements, ont prié et partagé sur la pauvreté et la simplification de vie.

 

Témoignage d’un jeune frère consacré :
« Cette semaine était très riche par bien des aspects. C’était tout d’abord une occasion de retrouver certains frères un peu éparpillés en France et de passer un bon temps fraternel. Nous avons partagé, prié et écouté des enseignements sur le voeu de pauvreté et la simplification de vie dans la Communauté.
J’ai pris conscience de la radicalité que nous vivons dans le partage communautaire.
Nous avons aussi eu la chance d’être sensibilisés à la conversion à « l’écologie intégrale » lancée par l’encyclique Laudato Si’ et reprise par le chapitre de la communauté cet été. L’après-midi nous avons eu un très bon d’échange sur ce que cela mettait en route pour chacun de nous et pour notre vie communautaire.
Nous avons aussi accueilli l’évêque de Nantes, Mgr Jean-Paul James, qui nous a partagé son expérience au sein de la communauté de l’Arche. »
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Walter Kasper : Musique et unité «une communion des différences réconciliées»

Réflexions autour d’un concert à Trente pour les 500 ans de la Réforme

Le cardinal Walter Kasper voit “le final” du dialogue entre catholiques et protestants comme “une polyphonie », « une communion des différences réconciliées » sur « une base commune de la Parole de Dieu ».

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Ste Marie-majeure

Le  président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a présenté le concert qui avait eu lieu le 16 novembre 2016 à Trente, dans le contexte d’une rencontre œcuménique pour les 500 ans de la Réforme.

Organisé par l’office de l’œcuménisme de la Conférence épiscopale italienne en collaboration avec la Fédération des Églises évangéliques en Italie, il s’est tenu dans l’église Sainte-Marie-Majeure qui à l’époque du Concile de Trente a été le siège des discussions théologiques qui ont conduit à la division des Églises.

 

« Nous avons fait des pas importants pour apprendre à jouer ensemble », a poursuivi le cardinal en filant la métaphore musicale, même si « la cacophonie du passé ne peut pas aujourd’hui être transformée en une symphonie harmonieuse ».

La recherche théologique et le dialogue œcuménique, ont marqué un « tournant dans la compréhension de la figure de Luther ». « Diabolisé » pendant des siècles, Luther est maintenant considéré comme un « homme religieux », un « témoin du Christ qui ne voulait pas construire une église réformée, mais voulait commencer une réforme, un renouvellement évangélique de toute l’Église. Aujourd’hui, nous parlons d’une nouvelle évangélisation ».

Le cardinal a évoqué le document commun sur la doctrine de la justification représentant une étape importante dans les relations des deux Églises.

Avec un autre document en élaboration sur « Église, Eucharistie et Ministère », a-t-il ajouté, « nous pouvons espérer parvenir à un consensus, si non complet, large ». « Le concert symphonique continue, a-t-il résumé, et comme une symphonie il se joue à plusieurs temps ».

Source: Zenit.org
Merci au pasteur Zoltan Zalay de nous avoir signalé cet article

 

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Martin Luther. Une perspective œcuménique

Dans ce texte qui est la conclusion d’une conférence donnée en Allemagne le 18 janvier 2016, le cardinal Walter Kasper, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, fait un point d’étape dans le processus œcuménique entre luthériens et catholiques.

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Luther n’était pas un homme œcuménique au sens actuel du terme. Ses adversaires ne l’étaient pas davantage. Les deux camps étaient enclins à la polémique et à la controverse. Cela a conduit à des restrictions et à des durcissements des deux côtés. Les questionnements se sont intensifiés dès  le départ, de la question de la justice révélée dans l’Évangile et de la miséricorde de Dieu jusqu’à  la question de l’Église, spécialement la question du pape. Dès lors que le pape et les évêques refusaient de procéder à la réforme, Luther, sur la base de sa compréhension du sacerdoce universel, dut se contenter d’une ordination d’urgence. Il a néanmoins continué à avoir foi dans le fait que la vérité de l’Évangile se serait imposée d’elle-même et a ainsi laissé la porte fondamentalement ouverte pour une possible entente future.

Du côté catholique également, au début du XVIe siècle, de nombreuses portes restaient ouvertes. Il n’y avait pas d’ecclésiologie catholique  harmonieusement  structurée,  mais uniquement  des approches,   qui   étaient   plus   une   doctrine   sur   la   hiérarchie   qu’une véritable   ecclésiologie. L’élaboration   systématique   de   l’ecclésiologie   s’obtiendra  uniquement dans la théologie controversée comme antithèse à la polémique de la Réforme contre la papauté. La papauté devint ainsi, d’une façon jusqu’alors inconnue, le contreseing de l’identité du catholicisme. Les thèses et antithèses confessionnelles respectives se   conditionnèrent et se bloquèrent mutuellement.

Seul le récent œcuménisme a ouvert un peu plus la porte. Le dialogue s’est substitué à la controverse. Le dialogue ne signifie pas jeter à la mer ce que l’on a considéré jusqu’à présent comme la vérité. Seules des personnes qui, bien qu’ayant chacune leur point de vue, sont néanmoins disposées à s’écouter réciproquement et à apprendre les unes des autres, peuvent mener un authentique dialogue. Un tel dialogue n’est pas un événement purement intellectuel ; c’est un échange de dons. Cela présuppose de reconnaître aussi bien la vérité de l’autre que ses propres faiblesses, et la volonté d’affirmer sa propre vérité d’une façon qui ne blesse pas l’autre, de façon non polémique, mais de dire la vérité dans l’amour (Ep 4,15), soustrayant  aux controverses le poison de la division et en le transformant en don, de sorte que les deux parties grandissent dans la catholicité, entendue au sens originel et qu’elles grandissant ensemble,   qu’elles reconnaissant davantage la miséricorde de Dieu en  Jésus-Christ  et  lui  rendent ensemble témoignage face au  monde.

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1999 Déclaration commune sur la justification

Telle est la route parcourue depuis le dernier Concile, qui a tracé à cet effet une voie que l’on ne peut inverser – une voie, pas une solution toute prête ! La réception du concile Vatican II, même cinquante après sa conclusion, n’est pas encore arrivée à terme. Le pape François a inauguré une nouvelle phase dans un tel processus de réception. Il souligne l’ecclésiologie du peuple de Dieu, le peuple de Dieu en chemin, le sens de la foi du peuple de Dieu, la structure synodale de l’Église et pour la compréhension de l’unité, met en jeu une nouvelle approche intéressante. Il décrit l’unité œcuménique non plus avec l’image des cercles concentriques autour du centre romain, mais avec l’image du polyèdre [I], c’est-à-dire  d’une  réalité  à  multiples facettes,  pas  un  puzzle  assemblé  de l’extérieur, mais un tout et, s’il s’agit d’une pierre  précieuse, un tout qui reflète la lumière qui le frappe de manière merveilleusement multiple. En  se référant à Oscar Cullman, le pape François reprend le concept de la diversité réconciliée. Dans l’exhortation apostolique Evangelii gaudium, son « essai programmatique », il part de l’Évangile et invite à une conversion pas uniquement de chaque chrétien, mais également de l’épiscopat et du primat.

Ainsi, sous-entend-on: au centre est placée l’exigence originaire fondamentale de Luther, à savoir l’Évangile de la grâce et de la miséricorde, ainsi que l’appel à la conversion et au renouveau.

Non seulement l’histoire de la réception du dernier Concile, mais également l’histoire de la réception de Luther est loin de toucher à sa fin, pas plus dans l’église catholique que dans les églises évangéliques [II]. Il y a  aussi un oubli et une extranéité (qualité de ce qui est extérieur, étranger. ndr) de Luther [par rapport à] la partie évangélique.
Pensons à la doctrine relative à la Cène et à la piété eucharistique. Celle-ci montre que Luther, contre Zwingli, est resté fermement fidèle à une compréhension réaliste de l’Eucharistie et qui ne peut être bloquée de façon rigide dans le schéma d’une religion de la pure intériorité.
Pensons en outre à la compréhension du ministère de Luther de la maturité, à son ouverture fondamentale à l’égard de l’épiscopat historique, de même qu’à son affirmation qu’il aurait encensé et embrassé les pieds d’un  pape  qui  aurait  accueilli  et reconnu  son  Évangile.

Il  n’est  pas  possible  pour  cette raison de  se  référer  uniquement  aux affirmations  polémiques  de  Luther.  Nous  devons  et nous pouvons plutôt reprendre  aussi  la question, fondamentale pour le progrès de l’œcuménisme, de la compréhension et du rapport entre Église, ministère et Eucharistie.

À cet égard, le fait de prendre au sérieux les aspects mystiques de Luther pourrait permettre de faire un pas en avant. Ceux-ci  ne  se  trouvent  pas  seulement  chez  le  jeune  Luther,  mais  également  chez  le   plus sympathique de ses importants écrits réformateurs: « Von der Freiheit eines Christenmenschen » (en français: la liberté du Chrétien [III]).

Cela pourrait ouvrir des possibilités de dialogue. En effet, unité et réconciliation n’arrivent pas seulement dans la tête, mais en premier lieu dans les cœurs, dans la piété personnelle, dans la vie quotidienne et dans la rencontre entre les personnes.

En d’autres termes, plus académiques : nous avons besoin d’un œcuménisme accueillant, en mesure d’apprendre  les  uns  des  autres.  Il  n’y  a  que  par  celui-ci  que  l’Église  catholique  peut réaliser concrètement et pleinement sa catholicité ; vice versa, l’instance originelle de Luther,  qui est au fond une exigence œcuménique, ne peut trouver une pleine  satisfaction que par le   biais  d’un œcuménisme  accueillant.  Nous  n’avons  encore  aucune  solution  commune,  mais une  possible perspective commune et une voie commune vers l’avenir est en train de s’ouvrir.   La voie vers la pleine unité est ouverte, mais celle-ci peut être longue et semée d’obstacles.

La contribution la plus importante de Martin Luther pour développer l’œcuménisme ne réside pas dans les approches ecclésiologiques demeurées ouvertes en lui, mais dans son orientation originelle vers l’Évangile de la grâce et de la miséricorde de Dieu et dans l’appel à la conversion. Le message de la miséricorde de Dieu était la réponse à son problème personnel et à son besoin, de même qu’aux interrogations de son temps ; celui-ci est aussi aujourd’hui la réponse aux signes des temps et aux questions pressantes de nombreuses personnes. Seule la miséricorde de Dieu peut assainir les profondes blessures que la division a infligées au corps du Christ qui est l’Église. Celle-ci peut transformer et renouveler nos cœurs, afin que nous soyons disposés à nous convertir, à faire montre de miséricorde entre nous, à nous pardonner  réciproquement  les injustices  du  passé,  à  nous réconcilier et à nous mettre en chemin pour nous retrouver ensemble, avec patience et pas à pas, sur le chemin vers l’unité dans la diversité réconciliée.

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« Jardin de Luther » à Wittenberg

En ce sens, je voudrais reprendre une phrase qui a été attribuée à Martin Luther. Comme le dicton sur l’Antéchrist, celle-ci se place dans une perspective eschatologique, mais est plus sereine,   plus détendue et orientée vers l’espérance. « Même si je savais que le monde devait disparaître demain, je planterais un pommier aujourd’hui encore ».

Le 1er novembre 2009, j’ai pu planter un petit tilleul dans le jardin de Luther à Wittenberg ; répondant à ce don, sous le mandat de mon successeur, les luthériens ont planté un olivier dans la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs.

Celui qui plante un petit arbre nourrit l’espérance, mais a aussi besoin de patience. La graine doit en premier lieu grandir en profondeur et planter ses racines profondes pour pouvoir résister aux intempéries. Nous aussi devons aller « ad fontes et ad radices ». Nous avons besoin d’un œcuménisme spirituel dans la lettre commune de l’Écriture et dans la prière commune. En second lieu, l’arbrisseau doit grandir en hauteur et s’élever dans le ciel vers la lumière.

Nous ne pouvons « produire » l’œcuménisme, nous ne pouvons ltelechargement-2’organiser ou l’exiger par la force. L’unité est un don de l’Esprit Saint de Dieu. Nous ne pouvons mésestimer sa puissance, nous ne pouvons jeter l’éponge de façon précipitée et perdre l’espérance prématurément. L’Esprit de Dieu, qui a entamé l’œuvre de l’unité, la conduira à son accomplissement, une unité pas comme nous la voulons nous, mais comme lui la veut.

 

Enfin, le petit arbre doit grandir et prendre de l’ampleur, afin que les oiseaux du ciel puissent faire leur nid parmi ses branches (cf. Mt 13,32), c’est-à-dire afin que tous les chrétiens de bonne volonté trouvent leur place sous lui et dans son ombre. Conformément à l’image du polyèdre, nous devons permettre l’unité dans une grande multiplicité réconciliée, être disponibles à l’égard de toutes les personnes de bonne volonté et donner aujourd’hui déjà un témoignage commun de Dieu et de sa miséricorde.

telechargement L’unité est aujourd’hui plus proche qu’il y a cinq cents ans. Celle-ci a déjà commencé. En   2017, nous ne sommes plus, comme en 1517, sur la voie de la séparation, mais sur celle de l’unité. Si nous faisons preuve de courage et de patience, nous ne serons pas déçus au bout du compte. Nous nous frotterons les yeux avec reconnaissance, nous nous étonnerons de ce que l’Esprit de Dieu, peut- être  de  façon  totalement  différente  de  ce  que  nous  pensions,  nous  a  fait obtenir. Dans cette perspective œcuménique, 2017 pourrait être pour les chrétiens évangéliques et pour les catholiques une opportunité. Nous devrions savoir l’exploiter : cela ferait du bien aux deux Églises, à de nombreuses personnes qui nourrissent des attentes à cet égard et également au monde qui, surtout aujourd’hui, a besoin de notre témoignage commun.

(Texte publié dans l’Osservatore Romano en langue française, le 26 mai 2016.)

 

[I] Le pape François a exprimé cette conviction dans Evangelii gaudium, quand il écrit : « Le modèle n’est pas la   sphère, qui n’est pas supérieure aux parties, où chaque point est équidistant du centre et où il n’y a pas de différence entre un point et un autre. Le modèle est le polyèdre, qui reflète la confluence de tous les éléments partiels qui, en lui, conservent leur originalité. » (n. 236) ; DC 2014, n. 2513, p. 67.

[II] Le  terme  «  évangélique  »  utilisé  dans  ce  texte  –  «  églises  évangéliques  »,  «  partie  évangélique  »  ou  « chrétiens évangéliques » – est à comprendre au sens de « protestant » (Note du Service national pour l’unité des chrétiens).

[III] http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k932392w/f5.image.r=martin%20luther

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Le pilote, c’est l’Esprit-Saint: Cinq indications pour le cheminement œcuménique

Le pilote, c’est l’Esprit-Saint

 

0000kkoch-740x493L’œcuménisme peut se comparer à un avion qui a décollé rapidement mais qui, une fois en vol, semble avancer lentement, écrit le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, dans l’édition italienne de L’Osservatore Romano du 8 juillet 2016.

Il invite à ne pas oublier que le pilote de cet avion est l’Esprit-Saint. Il donne aussi cinq indications pour le cheminement œcuménique, tirées du récit évangélique des pèlerins d’Emmaüs.

 

Quand l’avion est en vol, il semble avancer lentement

En regardant ce dernier demi-siècle d’engagement œcuménique, la première comparaison qui me vient à l’esprit est le voyage en avion: celui-ci commence, après de longs préparatifs, par un roulement accéléré sur la piste et un décollage tout aussi rapide. À peine a-t-on atteint la bonne altitude et l’avion plane-t-il dans l’air que l’on a facilement l’impression de ne plus avancer, ou au moins de ne le faire que lentement. Toutefois, tous les passagers devraient être portés par l’espérance certaine que l’avion atteindra sa destination à coup sûr.
En ce qui concerne l’engagement de l’Église catholique pour l’unité entre les chrétiens, le concile Vatican II a été ce roulement accéléré sur la piste, par lequel l’Église a trouvé une nouvelle attitude envers le mouvement œcuménique. Mais après plus de cinquante ans, nous continuons, pour ainsi dire, à nous mouvoir encore dans l’air, ou au moins c’est ce qui peut sembler à beaucoup. Demeure pourtant légitime l’espérance que l’avion œcuménique lui aussi atterrira à coup sûr. Cela vaut plus encore si nous pensons au véritable pilote, l’Esprit-Saint, qui a initié ce voyage et qui le mènera certainement à son but.

 

À l’époque, la promulgation de Vatican II a suscité de grandes espérances et alimenté chez un bon nombre de personnes l’attente d’une unité imminente des chrétiens. Entre temps, il est apparu clairement que le cheminement œcuménique est plus long et aussi plus difficile que ce que l’on pensait alors. C’est pourquoi il est opportun de laisser l’image du voyage en avion pour passer à celle du cheminement terrestre et, plus précisément, au chemin des disciples vers Emmaüs, nous demandant ce qu’il peut nous dire pour les prochains pas dans la réconciliation œcuménique.

En premier lieu, il faut prendre au sérieux l’image du chemin. Dans la situation œcuménique actuelle, il est fondamental que les chrétiens, hommes et femmes, qui vivent dans des communautés chrétiennes différentes, soient en chemin ensemble sur la route vers l’unité et fassent ensemble tout ce qu’il est possible de faire ensemble. L’expérience œcuménique nous enseigne que l’unité croît en marchant et qu’être en chemin ensemble signifie pratiquer déjà l’unité. Cette perspective tient beaucoup à cœur au pape François surtout, qui a exprimé sa conviction œcuménique par ces paroles fortes : « L’unité ne viendra pas comme un miracle à la fin : l’unité vient sur le chemin, c’est l’Esprit-Saint qui la fait en chemin » (homélie de la solennité de la conversion de saint Paul apôtre, célébration des vêpres, 25 janvier 2014). C’est cette perspective qu’il faut aujourd’hui approfondir et surtout vivre concrètement.

Être en chemin ensemble 

c’est là la première indication que nous offre le récit profond tiré du chapitre pascal de Luc.
Nul doute que le chemin des disciples vers Emmaüs ne fut pas une partie de plaisir. Au contraire, les disciples sont pleins de tristesse pour ce qui s’est passé à Jérusalem et parlent entre eux et avec leur accompagnateur inconnu de ce qui ne leur donne pas la paix.
Et ainsi nous est donnée une seconde indication pour ce chemin :

l’œcuménisme authentique vit dans la participation mutuelle à la vie des autres,

dans la joie et dans la douleur, comme l’a exprimé Paul par cette belle image : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Cor 12, 26-27).
Actuellement, une démonstration particulière de cette règle de vie de la communion œcuménique se trouve dans le triste fait que nous devons assister à des persécutions de chrétiens dans une mesure unique dans l’histoire. Les chrétiens, aujourd’hui, ne sont pas persécutés parce qu’ils sont protestants ou pentecôtistes, orthodoxes ou catholiques, mais parce qu’ils sont chrétiens. Le martyre, aujourd’hui, est œcuménique, et nous devons parler d’un véritable œcuménisme des martyrs et d’un œcuménisme du sang. De fait, le sang de tant de martyrs dans le monde actuel ne divise pas mais unit. Dans la perception de cette réalité se trouve un grand défi que le pape François a exprimé par cette phrase mémorable : « Si l’ennemi nous unit dans la mort, qui sommes-nous pour nous diviser dans la vie ? » (Discours au mouvement du Renouveau dans l’Esprit, 3 juillet 2015). En effet, n’est-il pas humiliant que ceux qui persécutent les chrétiens aient parfois une meilleure vision œcuménique que nous, les chrétiens ? Je vois dans l’expérience de la persécution et du martyre, commune à tous les chrétiens, le signe le plus convainquant de l’œcuménisme aujourd’hui. Mais en Europe, le prenons-nous suffisamment au sérieux ?

Dans l’échange d’expériences de la souffrance, sur la route d’Emmaüs, les disciples regardent autour d’eux à la recherche d’une parole libératrice et ils se la laissent offrir par leur compagnon de voyage inconnu qui leur explique l’Écriture Sainte.

De là émerge la troisième indication qui consiste dans le fait que:

nous, chrétiens, nous nous approchons davantage les uns des autres quand nous écoutons ensemble la Parole de Dieu et que nous en parlons ensemble.

La Réforme et le schisme qui s’en est suivi au XVIème siècle étaient liés à une interprétation controversée de la Bible et sont arrivés jusqu’à l’intérieur de la Sainte Écriture. C’est pourquoi dépasser la division et retrouver l’unité ne peuvent devenir possibles que sur le chemin d’une lecture commune de la Sainte Écriture. Plus nous nous immergeons dans le mystère de Jésus-Christ et de sa parole, plus nous réussissons à trouver la route les uns vers les autres. Certes, les yeux des disciples d’Emmaüs ne se sont ouverts que quand le Seigneur a rompu le pain avec eux, réveillant ainsi dans leur cœur un désir profond d’unité.

La quatrième indication est donc la compréhension que:

nous, les hommes, nous ne pouvons pas faire l’unité tout seuls, ni en décider la forme et le temps, mais nous pouvons seulement nous la faire donner.

Nous, les hommes, nous pouvons créer des divisions : l’histoire comme le présent nous le démontrent. Nous ne pouvons que recevoir l’unité, en nous orientant vers la volonté de Jésus et en lui présentant ce désir dans la prière. Au commencement du mouvement œcuménique il y a eu l’introduction de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Il s’est agi, dès le début, d’un mouvement de prière et c’est seulement ainsi qu’il demeurera sur le chemin. La prière pour l’unité des chrétiens est, et continue d’être, le cœur battant de tout le chemin œcuménique.

Après leur rencontre personnelle avec le Seigneur ressuscité, les disciples se mettent de nouveau en marche : « À l’instant même, ils se levèrent ».

Cela nous donne, au sens littéral, la cinquième indication pour le chemin :

que les chrétiens qui, dans la rencontre avec le Christ, trouvent aussi l’unité entre eux, ne restent pas commodément assis mais qu’ils se mettent en chemin

et, comme les disciples, annoncent ce qu’ils ont appris, bien conscients que la crédibilité de leur témoignage ne dépend pas de façon substantielle du fait qu’ils se dépassent mutuellement, mais qu’ils cheminent ensemble. Notre préoccupation à nous, chrétiens, pour un bon avenir de l’Europe ne sera écoutée que si nous témoignons dans la communion œcuménique et la remplissons de vie.

 

Source: Zenit.org
© Original en italien, L’Osservatore Romano du 8 juillet 2016
© Traduction de Zenit, Constance Roques

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